Moneyland : Fenêtre sur couples
BEYROUTH | iloubnan.info - Le 14 mars 2010

Après Fermée pour inventaire fin 2006, Maya Waked vient de publier son nouveau roman, Moneyland, chez Dergham. Une histoire, ou plutôt des histoires, qui disent la difficulté d’être en couple aujourd’hui, et de trouver son bonheur dans une vie à deux. Le décor est celui d’une ville, Moneyland, royaume du superficiel et du paraitre, petit concentré de la société de consommation et de ses dérives.

Nina est fiancée à un jeune homme qui l’emmène avec lui à Moneyland, où ils s’installent dans des logements séparés, dans la perspective d’emménager ensemble après leur mariage. Nina, c’est le personnage central du nouveau roman de Maya Waked, intitulé justement Moneyland, du nom de cette ville imaginaire, "où l’on trouve tout" comme le précisent les premières lignes du livre. Petite ville en bord de mer concentrant une débauche d’argent et de superficialité, Moneyland fait penser à Dubaï, ou en tout cas à l’idée qu’on a tendance à s’en faire depuis l’étranger. L’auteure Libanaise Maya Waked est elle-même arrivée à Dubaï en 2005 pour y suivre son mari, installé là-bas pour son travail. Comme Nina, elle s’est retrouvée plongée dans une société superficielle, où tout tourne autour de l’argent et des apparences. Mais le parallèle avec Nina s’arrête là. Née à Beyrouth, Maya Waked est partie à Paris pour y faire ses études, avant de revenir au Liban pour travailler dans le marketing puis de s’installer à Dubaï. Elle se consacre à l’écriture depuis 2005. Après Fermée pour inventaire (2006), elle a eu l’idée d’écrire un roman sur le couple, d’une part parce que le sujet préoccupe beaucoup la société d’aujourd’hui, mais aussi tout simplement parce qu’elle voit autour d’elle « beaucoup de couples en difficulté », raconte-t-elle. « Et il s’avère qu’on se confie à moi facilement. Ces histoires qu’on me raconte constituent une base sur laquelle je brode des récits de fiction ». Y a-t-il plus de couples en difficulté à Moneyland qu’ailleurs ? Probablement pas. « La quête de l’argent facile et le culte des apparences existent partout dans le monde et notamment dans le monde occidental. Mais à Moneyland, comme à Dubaï, ils sont concentrés à l’extrême. Cette concentration fait qu’il est pour certains difficile de garder les pieds sur terre». 

Un roman d'ambiance et de personnages

Au fil de ce roman, on suit l’intégration (ou la non-intégration) de Nina dans cette société. Il est entrecoupé par des monologues des différents personnages, qui confient leur propre vision de leur vie. Le lecteur comprend alors mieux ce qu’ils cachent derrière leurs apparences. Et devient un peu leur confident, sans les juger, aussi antipathiques puissent être certains d’entre eux. « Je voulais créer un roman d’ambiance et aussi un roman de personnages », poursuit Maya. « L’ambiance de cet univers superficiel est dérangeante. C’est celle d’une société qui part un peu à la dérive. Certains lecteurs m’ont dit avoir «étouffé » à la lecture du roman ! D’autres se sont identifiés à Nina et se sont accrochés à elle comme à une bulle d’oxygène. » Parmi les personnages, celui de Rosy semble être là en observateur. Dans le livre, elle est celle qui écoute, et prodigue analyses et conseils. Maya avoue partager avec cette Rosy un certain point de vue sur le couple moderne : le fait que le bonheur de chacun dans son couple est finalement le critère le plus important pour de considérer qu’une relation n’est jamais figée. Et que pour faire durer son couple, il faut, sans cesse, le repenser, pour le réinventer.

 

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