Après Fermée pour
inventaire fin 2006,
Maya Waked vient de publier son
nouveau roman, Moneyland,
chez Dergham. Une histoire, ou
plutôt des histoires, qui disent la
difficulté d’être en couple
aujourd’hui, et de trouver son
bonheur dans une vie à deux. Le
décor est celui d’une ville,
Moneyland, royaume du superficiel et
du paraitre, petit concentré de la
société de consommation et de ses
dérives.
Nina
est fiancée à un jeune homme qui
l’emmène avec lui à Moneyland, où
ils s’installent dans des logements
séparés, dans la perspective
d’emménager ensemble après leur
mariage. Nina, c’est le personnage
central du nouveau roman de Maya
Waked, intitulé justement
Moneyland, du nom de cette
ville imaginaire, "où l’on trouve
tout" comme le précisent les
premières lignes du livre. Petite
ville en bord de mer concentrant une
débauche d’argent et de
superficialité, Moneyland fait
penser à Dubaï, ou en tout cas à
l’idée qu’on a tendance à s’en faire
depuis l’étranger.
L’auteure Libanaise Maya Waked
est elle-même arrivée à Dubaï en
2005 pour y suivre son mari,
installé là-bas pour son travail.
Comme Nina, elle s’est retrouvée
plongée dans une société
superficielle, où tout tourne autour
de l’argent et des apparences. Mais
le parallèle avec Nina s’arrête là.
Née à Beyrouth, Maya Waked est
partie à Paris pour y faire ses
études, avant de revenir au Liban
pour travailler dans le marketing
puis de s’installer à Dubaï. Elle se
consacre à l’écriture depuis 2005.
Après Fermée pour inventaire (2006),
elle a eu l’idée d’écrire un roman
sur le couple, d’une part parce que
le sujet préoccupe beaucoup la
société d’aujourd’hui, mais aussi
tout simplement parce qu’elle voit
autour d’elle « beaucoup de couples
en difficulté », raconte-t-elle. «
Et il s’avère qu’on se confie à moi
facilement. Ces histoires qu’on me
raconte constituent une base sur
laquelle je brode des récits de
fiction ». Y a-t-il plus de couples
en difficulté à Moneyland
qu’ailleurs ? Probablement pas. « La
quête de l’argent facile et le culte
des apparences existent partout dans
le monde et notamment dans le monde
occidental. Mais à Moneyland, comme
à Dubaï, ils sont concentrés à
l’extrême. Cette concentration fait
qu’il est pour certains difficile de
garder les pieds sur terre».
Un roman d'ambiance et de
personnages
Au fil de ce roman, on suit
l’intégration (ou la non-intégration)
de Nina dans cette société. Il est
entrecoupé par des monologues des
différents personnages, qui confient
leur propre vision de leur vie. Le
lecteur comprend alors mieux ce
qu’ils cachent derrière leurs
apparences. Et devient un peu leur
confident, sans les juger, aussi
antipathiques puissent être certains
d’entre eux. « Je voulais créer un
roman d’ambiance et aussi un roman
de personnages », poursuit Maya. «
L’ambiance de cet univers
superficiel est dérangeante. C’est
celle d’une société qui part un peu
à la dérive. Certains lecteurs m’ont
dit avoir «étouffé » à la lecture du
roman ! D’autres se sont identifiés
à Nina et se sont accrochés à elle
comme à une bulle d’oxygène. » Parmi
les personnages, celui de Rosy
semble être là en observateur. Dans
le livre, elle est celle qui écoute,
et prodigue analyses et conseils.
Maya avoue partager avec cette Rosy
un certain point de vue sur le
couple moderne : le fait que le
bonheur de chacun dans son couple
est finalement le critère le plus
important pour de considérer qu’une
relation n’est jamais figée. Et que
pour faire durer son couple, il faut,
sans cesse, le repenser, pour le
réinventer.