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Post Pandémie

Nous sommes épuisés mais pouvons encore en rire, fatigués d’en pleurer.

Nous voudrions tellement ne plus y penser, mais continuons à en ressentir les effets secondaires. La pandémie, parenthèse de la vie pour plusieurs, yoyo émotionnel pour quelques uns, épisode infini de souffrance, de deuil, d’isolement pour des milliers.

Tantôt symbole de notre faculté d’adaptation, tantôt preuve de notre soumission, de notre torpeur, les médecins et psychologues n’en finissent pas d’énumérer les conséquences de l’ère covid sur les enfants, les ados, les couples, les vieux.

D’autres comme moi, essaient, avec un peu d’humour noir et d’autodérision de compter les manies bizarrement acquises post pandémie. Je pense d’abord aux sacs à main.

Avant 2020, j’étais adepte des légers, portés en bandoulière la journée, remplacés en soirée par les petites pochettes à la mode, qu’on porte du bout des doigts et dans lesquels on glisse quelques billets, les clefs, une carte de credit. Depuis la pandémie, je me trimballe avec ce qui ressemble à une sacoche de facteur, une mallette de picnic, un sac de plage où l’on trouve masques de plusieurs marques, filtres de rechange, désinfectant liquide, désinfectant gel, mouchoirs, lingettes et ziplocs contenant des cachets de Panadol, d’Ibubrufen, d’antacid, du spray nasal et des lubrifiants pour yeux secs. Malgré cet attirail, j’avoue néanmoins être incapable de rester longtemps en dehors de chez moi, sans ressentir l’urgence de rentrer, de me remettre en tenue confortable, jogging et sweat extra large, pieds nus ou en baskets, surtout ôter ces talons et libérer de leur douleur mes pauvres petits pieds.

Le deuxième syndrome que j’ai développé, c’est le besoin de garder sur moi, surtout en voyage, le maximum de documents officiels possibles. Mon bagage cabine recèle à chaque déplacement, en train ou en avion, une vingtaine de pochettes transparentes, protégeant nos certificats de naissance, de mariage, de citoyenneté, mais aussi des bloc notes avec des numéros, des codes, bref je me promène depuis un an avec un registre de famille ambulant.

Parallèlement, je suis fière de maitriser la préparation des documents de voyage. Je pourrai humblement me prononcer experte pour répondre à toute question relative aux Locator forms d’une trentaine de pays, aux prestataires de PCR dans plusieurs villes, les horaires de dépistage, les tests express à domicile, leur coût, le délai d’obtention des résultats, preuves de vaccination, en pdf virtuel et imprimé, QR code, pass santé…

Un soir d’insomnie j’ai compté le nombre de PCR que j’ai passé depuis Mars 2020. Le chiffre est hallucinant. Le lendemain, je découvre un nouveau passe temps : J’ouvre un fichier Excel sur mon ordinateur, dans lequel je détaille, les combinaisons possibles de vaccins sur la base d’un échantillon d’amis. Je trouve ainsi un immense plaisir à comparer l’immunité d’un collègue de 40 ans qui s’est fait administrer 2 doses du vaccin Pfizer et une 3ème de Moderna avec celle d’une amie du même âge qui a opté pour Pfizer pour les 3 doses. Passionnant !

Les vaccinés au Sinopharm, vous qui avez osé les premiers, même si vous ne figurez pas dans mon tableau, vous avez tout mon respect et je vous aime.

Au fait, j’allais oublier de mentionner le dernier effet ravageur de la pandémie sur moi : Je commence sérieusement à embêter les membres de ma famille et mes amis avec des messages émotifs, larmoyants, décorés d’émoji, pour dire qu’ils me manquent, que le temps court, que le seul moyen de survivre à ce marathon c’est de s’emparer d’aujourd’hui, pour exprimer son amour.

Vite ! Avant la prochaine vague, avant la 4ème dose, avant surtout de développer de nouveaux syndromes.

Post Pandemic


We are exhausted but can still laugh about it, tired of crying.

We would so much rather not think about it, but how could we since we still feel the side effects.

The pandemic, the parenthesis of life for many, emotional yoyo for some, infinite episode of suffering, mourning, isolation for thousands. A symbol of our ability to adapt, a proof of our submission, doctors and psychologists keep listing the consequences of the Covid era on children, teenagers, couples and the elderly. Some, like me, try, with black humour and self-mockery, to count the post-pandemic manias. Let’s talk about the handbags first.

Before 2020, I was a fan of the light ones, worn on a shoulder strap during the day, replaced in the evening by the fashionable clutches, in which we slip a few notes, the keys, a credit card. Since the pandemic, I’ve been walking around with what looks like a postman satchel, a picnic hamper, a beach tote bag, where you can find masks of multiple brands, replacement filters, liquid sanitizer, gel sanitizer, tissues, wipes and ziplocs containing pills of Panadol, Ibubrufen, antacid, nasal spray and dry eye lubricants. Despite this arsenal, I am still unable to stay away from home for long, without feeling the urgency to return, put on comfortable clothes, extra wide sweat shirts and sweat pants, barefoot or in sneakers, as long as I remove my high heels and release my poor feet.

The second symptom I have developed is the need to keep within reach, as many official documents as possible, especially when travelling.

Wether by train or plane, my carry on contains about 20 transparent sleeves, protecting our birth, marriage and citizenship certificates, as well as notepads with numbers, codes, in other words, I’ve been walking around for months with a traveling family register.

At the same time, I am proud to master the preparation of travel documents. I can humbly answer, with expertise, any question concerning the locator forms of about thirty countries, the PCR providers in several cities, their opening hours, their home tests, their cost, the expected time for results, proof of vaccination, in pdf format, QR code, health pass, etc.

One night of insomnia I counted the number of PCRs I have done since March 2020. The figures are surreal. The next day, I started a new hobby, opened an Excel sheet on my laptop, in which I detailed the possible combinations of vaccines based on a sample of friends. I found it entertaining to compare the immunity of a 40-year-old colleague who was given 2 shots of the Pfizer vaccine and a booster of Moderna with that of a friend of the same age who opted for Pfizer all the way. Amazing !

You, who dared and took a Sinopharm jab, even if you are not on my excel sheet, you have my respect and I love you.

By the way, I forgot to mention, the last but not least devastating effect of the pandemic on me: I’m starting to annoy my family and friends with tearful emotional messages, and lots of emojis, saying that I miss them, that we are running out of time and the only way to survive this marathon is to seize today, and express our love.

Hurry ! Before the next wave, before the 4th booster and before we develop new symptoms.

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